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04 août 2020

Premiers regards de professionnels

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Après ces 6 premières semaines de vie au sein du Village, les professionnels, médecin, maîtres de maison et infirmière font part de leurs impressions.

 

Formée aux soins palliatifs et à la médecine de la douleur, Soazic Dreano-Hartz est l’un des quatre médecins du Village. Elle a choisi de poursuivre son parcours professionnel là pour participer « à ce travail en équipe hors norme où l’échange et l’humain sont au centre des préoccupations ». Ayant pris ses fonctions début mars, la situation sanitaire a fortement impacté sa mission : l’ensemble des admissions prévues début avril ont en effet toutes été repoussées. « Au déconfinement, il nous a fallu recontacter l’ensemble des familles des résidents qui avaient été pré-admis en début d’année. De nombreux questionnements ont alors émergé. Il a fallu vérifier que tous étaient toujours en accord avec leur projet de vie au Village. Nous avons pris toutes les situations au cas par cas », explique-t-elle. Ce travail d’ampleur a permis l’entrée entre le 11 juin et le 9 juillet de 90 résidents sur les 120 places existantes.

Bien qu’il soit trop tôt pour faire un premier retour d’expérience objectif, le Docteur Dreano-Hartz fait part de ses premiers constats : « Au sortir de cette période très difficile pour les malades et leurs familles, je m’attendais à avoir un grand nombre de crises d’anxiété voire des altérations cognitives sérieuses à l’entrée des Villageois. Or ça n’a pas été le cas. Pour plusieurs d’entre eux, cela a même été l’inverse avec très rapidement une baisse importante de leur médication en anxiolytiques. J’ai été étonnée par de telles évolutions favorables aussi rapides. » La médecin complète que pour d’autres, plus fragiles, les équipes ont pu recourir comme le souhaite la philosophie de l’établissement à des traitements thérapeutiques non médicamenteux, par exemple en offrant la possibilité aux Villageois de relâcher leur trop plein d’énergie ou d’angoisse en déambulant autant que nécessaire dans le parc… Pour elle, les premiers résultats sont très encourageants.

 

 

Des profils complémentaires pour mieux répondre aux besoins

Dans l’un des 16 maisonnées, Patricia Perez-Husson, avec 19 ans d’expérience en EHPAD, officie comme maîtresse de maison. Aide médico-psychologique, elle a constaté après seulement un mois et demi une réelle évolution positive des comportements de certains résidents. « Lorsque nous préparons les repas, les résidentes participent et des fois certains messieurs nous aident même en mettant la table ou en débarrassant. Nous avons ici trois résidentes très dynamiques et elles ont entrainé les autres. C’est une vraie satisfaction de voir certains qui étaient très peu autonomes à leur arrivée s’ouvrir à la vie de la maison et participer aux taches de la vie quotidienne. » Son binôme ce jour-là, Paul Pantalacci, aide-soignant, avait depuis longtemps souhaité orienter son parcours vers la prise en soins de la maladie d’Alzheimer. Son expérience de la prise en charge à domicile est complémentaire de la filière soins de sa collègue : une organisation voulue qui permet aux équipes de disposer de plusieurs points de vue pour échanger sur chaque situation rencontrée et apporter ainsi une réponse ciblée et partagée. Patricia Perez-Husson souligne que « cela nous a demandé de reprendre nos marques en tant que professionnels. C’est un réel travail de changer notre pratique et notre rythme antérieur… de ne plus faire « à la place de »… » Pour Paul Pantalacci, « ce cadre d’exercice exceptionnel, notamment le fait de s’adapter au rythme des résidents, nous donne la possibilité d’innover dans nos pratiques ».

Faisant partie de l’équipe de 12 infirmiers du Village, Charlène Gimet a été inscrite comme bénévole avant d’être recrutée. Après une année et demie à suivre ainsi le projet de près, elle a souhaité y prendre part de façon professionnelle. « Il faut du temps, que chacun trouve sa place, mais je trouve que ce qui nous a été proposé dans la conception du projet est petit à petit en train de se réaliser. Pour moi, le soin d’accompagnement développé ici est un réel projet de santé publique. Aujourd’hui ce modèle concerne la prise en charge de la maladie d’Alzheimer mais je pense qu’il sera mis en œuvre pour toutes les pathologies dans le futur. Ce sera pour moi un accomplissement d’y avoir participé ».

 

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